17/05/2002 | Publié par Thierry at 12:53 PM
English Version
Le 20 mai 1927 à 7h.52, un avion monomoteur quittait Roosevelt, Long Island (NY). Le 21 mai, 33h.30 après son décollage, le même appareil atterrissait au Bourget près de Paris. A bord du Spirit of St Louis, un jeune pilote de l’aéropostale de 25 ans avait pris place; il s’appelait Charles Lindbergh. Le 31 août 1927, la Fédération Aéronautique Internationale (FAI) homologua la performance de Lindbergh comme record du monde de vol sans escale. La FAI ouvre ses archives …
En tant que fédération mondiale des sports aériens, la Fédération Aéronautique Internationale (FAI) est le seul organisme au monde habilité à homologuer les records du monde aéronautiques et astronautiques. 75 ans après la réussite du premier vol transatlantique sans escale et en solo, la FAI ouvre ses archives pour célébrer cet événement qui modifia le cours de l’histoire de l’aviation.
Lorsque l’hôtelier new-yorkais Raymond Orteig offrit une récompense de 25'000 dollars au premier aviateur qui relierait New York à Paris sans escale, Charles Lindbergh entreprit la construction d’un avion spécialement conçu pour ce vol. Le 20 mai 1927, le Spirit of St Louis quitta le sol américain lourdement chargé : 451 gallons de carburant (env. 1700 litres), 2 réservoirs d’eau et … 4 sandwichs avaient été placés à bord. Après avoir péniblement survolé les obstacles situés au bout de la piste, Charles Lindbergh entama son périple par Cape Cod et la Nouvelle-Ecosse. Alors que la nuit tombait et que du brouillard se formait à la surface de la mer, il quitta les côtes américaines, cap sur l’Océan Atlantique. Luttant contre la nature, il dut éviter des orages et trouver son chemin parmi les bancs de brouillard. Le premier indice de son approche des côtes européennes fut un bateau de pêche ! Après un survol de l’Irlande et de l’Angleterre, il vit passer Cherbourg sous ses ailes alors que le jour tombait pour la deuxième fois depuis le début de son périple. Un tour d’honneur de la Tour Eiffel, un survol du Bourget, et finalement le Spirit of St Louis posa ses roues à 22h.22 sur le sol français : Charles Lindbergh avait conquis l’Atlantique seul à bord de son avion au cours d’un périple de 5809 kilomètres ; il remporta ainsi le prix mis en jeu par Raymond Orteig.
Pour homologuer le vol, un barographe scellé avait été installé à bord de l’avion; réagissant à la pression atmosphérique, cet instrument enregistra sur un cylindre rotatif les altitudes de vol et apporta la preuve que le vol ne fut pas interrompu. La National Aeronautic Association américaine certifia la charge emportée et l’heure du départ, alors qu’à l’arrivée, l’Aéro-Club de France établit un procès-verbal attestant de l’heure d’atterrissage, de la quantité de carburant restant dans les réservoirs scellés (322 litres) et de la présence du barographe muni de son sceau. Pas moins de 13 personnalités françaises apposèrent leur signature sur ce procès-verbal, aux côtés de celles de l’Ambassadeur américain Myron Herrick, de l’Attaché de l’Air belge Willy Coppens et, bien entendu, de Charles Lindbergh. La National Aeronautic Association fut officiellement informée le 31 août 1927 par le Secrétaire général de la FAI, Paul Tissandier, que le vol de Lindbergh avait été enregistré comme « Record du monde de Classe-C pour un vol sans escale de 5809 kilomètres ».
Lausanne, 17 mai 2002